Diplôme: Master 1 (maîtrise) en Arts Plastiques

    Inesart, « Transgression, émergence créatrice », 2005.

    Soutenance de Maîtrise en Arts Plastiques (l’équivalent de Master 1 en Europe)

    Technique : du Crochet. Matières : Des fils électriques à l’état normal et dénudé.

    Dimensions : 4 trames de 3.25/ 1.75

    (avec l’étirement la longueur d la trame est passée de 3.25 à plus de 4 mètres). Le poids des 4 trames est plus que 300 kg

    Support en fer forgé.

    Lieu : institut Supérieur des Arts et Métiers de  Sfax / Tunisie.

    Inesart, « Transgression, émergence créatrice », 2005.

    Détails en photos de diplôme en Arts Plastiques (l’équivalent de Master 1 en Europe)

    En 2005, j’ai réalisé pour mon diplôme de « Maîtrise en Arts Plastiques », équivalent en Europe le  « Master 1 » intitulé : « Transgression, émergence créatrice ».
    Quatre trames crochetées de grande dimension, à savoir 3,25 m / 1,75 m. (Avec l’étirement, la longueur est passée de 3,25 à plus de 4 mètres).
    Mon travail présente une dichotomie entre deux types de trames crochetées, j’ai fais appel à des fils électriques noirs et métalliques, C’est-à-dire le fil à l’état normal et l’âme en cuivre.
    Le plan de mémoire  était réparti en trois volets : construction/ destruction/ reconstruction.
    La première étape était « la construction » des trames. Cela a duré plusieurs mois. Plus de huit mois de labeur sans cesse aidé de ma mère (qui est toujours présente avec moi pour les projets).
    Quand j’observe mes trames dans cette répétition, je vois ma vie dans sa régularité,  j’y vois la jeune fille adolescente et stable que j’étais, une jeune fille entourée par sa famille, une jeune fille protégée et rassurée. Cette  répétition  dans la trame est une image de la routine. J’ai sentie que je n’avais pris aucun véritable risque dans ma vie.
    La deuxième étape fut l’acte de « la destruction » de mon travail. C’est une intervention qui m’a demandé beaucoup de courage. En effet il n’est pas facile, après avoir pris des mois pour créer mes quatre trames, de les détruire et de les altérer si profondément aussi rapidement qu’il n’en faut. À certains moments, je me suis trouvée dans une situation de conflit intérieur, tiraillée entre le sentiment de curiosité, celui de l’investigation plastique mais aussi, celui de la prudence afin de ne pas trop disloquer ma trame.
    Un tel tiraillement s’explique par un ensemble d’idées qui m’a poussé à agir face à des changements, un sentiment de révolte intérieure qu’il me fallait exprimer. Comme un moment de conscience, un moment d’action. J’ai eu besoin en cette période, d’un changement dans ma vie. Donc pour moi je défigurai, j’altérai pour mieux voir.
    La troisième étape de mon travail est celle de « la reconstruction ». Cette dernière est basée sur le concept de l’émergence. J’ai mis en valeur les videsobtenus. Je les ai pris comme un point de départ pour réaliser les nouvelles formes. J’ai introduit des fils électriques dénudés, découverts de leur enveloppe protectrice crochetés.
    Une  irrégularité au niveau des lois techniques du crochet est une forme de continuité de ma révolte intérieure dans les pensées, car j’ai cherché une reconstruction qui dépasse les lois habituelles. Oscillée entre régularité, technique, et parti pris innovateur,  mes trames sont comme un enregistrement de mon état de pensée, elles montrent les hauts et les bas dans mes sensations.
    J’ai façonné chaque trame pour que cela leur donne une forme organique, puis j’ai introduit dans les trous une certaine dégradation au niveau du passage d’une forme à une autre. J’ai ensuite effiloché le sommet jusqu’à obtenir l’ouverture. J’ai conservé les fils dénudés comme une base de travail pour accentuer les trous et travailler en hauteur.
    J’ai effectué une forme de propagation de la matière dénudée, de manière horizontale, autour des trous, comme si je cherchais par leur extension une forme de communication et d’échange.
    Ce que j’ai voulu montrer par cette progression, c’est que celle-ci est aussi une progression spirituelle de mes pensées et de mes choix. Il y a des intentions internes qui me parlent et qui me poussent à aller vers l’avant mais surtout qui m’incitent à échanger.
    Cette révolte intérieure était une nécessité pour faire un échangeurnouer des liens. Je suis convaincue que l’on peut avancer dans la vie grâce à l’échange. Une ouverture. Or l’idée d’ouverture nécessite deux espaces.                                                                       
    J’ai dépassé l’idée de communication interne pour m’adresser à l’extérieur. J’ai voulu  faire un échange vers l’extérieur, qui dépasse mon milieu, mon entourage et peut être même aussi mon pays. Une communication vers d’autres cultures, d’autres manières de penser, de voir les choses.
    Avec l’expérience et le temps je me rends compte aujourd’hui que c’est mon travail qui m’a poussé vers l’immigration,  et que l’envie d’échange et de tisser des liens me submerge depuis en fait très longtemps.
    Dans le temps, je n’ai pas eu l’idée de prendre la décision d’immigrer, ma famille est un véritable cocon protecteur. Le fait de sortir d’un milieu familial uni est un énorme risque, car j’allais  vers l’inconnu. La sensation que j’ai eu dans le temps, c’est le fait de débarquer dans un milieu inconnu, ayant toujours  des conséquences que l’on ne peut prévoir.

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